Où va chaque euro de votre salaire ?
Entre le salaire brut et le net, des sommes sont prélevées à la source — mais elles ne disparaissent pas. Chaque euro relève de l’une de trois natures : une cotisation qui vous ouvre un droit (retraite, chômage, maladie), une contribution qui finance la protection sociale de tous (CSG, CRDS), ou l’impôt sur le revenu prélevé pour l’État. Le net, c’est ce qui reste une fois ces prélèvements faits.
Trois natures, jamais confondues
Cotisation contributive
Elle vous ouvre un droit personnel (retraite, chômage, indemnités maladie). Ce n'est pas de l'argent perdu.
Contribution solidaire
Elle finance la protection sociale collective, dont vous bénéficiez aussi (santé, famille).
Impôt
Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu finance le budget de l'État.
C’est la même grille de lecture partout sur le site. Le principe en détail →
La méthode : trois questions par euro
- 1. De quelle nature est ce prélèvement ?
- 2. Vers quel organisme part-il ?
- 3. Qu’est-ce qu’il vous ouvre comme droit ?
On répond à ces trois questions pour chaque ligne — jamais un chiffre sans sa source, ni un ratio inventé.
Chaque ligne, expliquée
Santé
- Contribution solidaire
Assurance maladie
Elle finance le remboursement des soins, l'hôpital et la maternité pour tout le monde. Côté salarié, cette part est aujourd'hui de 0 % : elle est portée par l'employeur et par la CSG. On la montre pour être transparent.
- Cotisation contributive
Mutuelle (complémentaire santé)
La mutuelle d'entreprise complète les remboursements de la Sécurité sociale. Le taux dépend du contrat de votre employeur, il n'est donc pas standardisé.
- Cotisation contributive
Prévoyance
La prévoyance vous couvre en cas d'arrêt long, d'invalidité ou de décès. Elle est souvent obligatoire pour les cadres (au moins 1,50 % sur la tranche 1).
Retraite
- Cotisation contributive
Retraite de base (plafonnée)
Elle finance votre retraite de base du régime général, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. C'est un droit direct que vous accumulez pour plus tard.
- Cotisation contributive
Retraite de base (déplafonnée)
Un complément de la retraite de base, calculé sur la totalité du salaire (au-delà du plafond). Son taux est faible (0,40 %) mais il ouvre aussi des droits.
- Cotisation contributive
Retraite complémentaire — Tranche 1
En plus de la retraite de base, tous les salariés du privé cotisent à l'AGIRC-ARRCO. La tranche 1 porte sur la part du salaire jusqu'au plafond de la Sécurité sociale.
- Cotisation contributive
Retraite complémentaire — Tranche 2
La tranche 2 concerne la part du salaire comprise entre 1 et 8 fois le plafond de la Sécurité sociale. Elle apparaît surtout sur les bulletins des salaires plus élevés (souvent cadres).
- Cotisation contributive
Contribution d'équilibre général (CEG)
La CEG contribue à l'équilibre financier du régime AGIRC-ARRCO, notamment pour financer les départs avant 67 ans sans décote excessive.
- Cotisation contributive
Contribution d'équilibre technique (CET)
La CET s'applique uniquement lorsque le salaire dépasse le plafond de la Sécurité sociale. Elle participe à l'équilibre du régime de retraite complémentaire.
Emploi / Chômage
- Cotisation contributive
Assurance chômage
Elle finance l'indemnisation des personnes qui perdent leur emploi. Depuis 2018, la part salariale est de 0 % : elle est prise en charge par l'employeur. On l'affiche pour la transparence.
- Cotisation contributive
APEC (cotisation cadres)
Réservée aux cadres, l'APEC finance l'accompagnement à l'emploi des cadres : conseils, offres, ateliers. Son taux salarial est très faible (0,024 %).
Famille
- Contribution solidaire
CSG déductible
La CSG finance une large part de la protection sociale (maladie, famille…). La part « déductible » (6,80 %) est retirée de votre revenu imposable : elle ne sera pas soumise à l'impôt.
- Contribution solidaire
CSG/CRDS non déductible
Regroupe la CSG non déductible (2,40 %) et la CRDS (0,50 %). La CRDS sert à rembourser la dette de la Sécurité sociale. Cette part, elle, reste soumise à l'impôt sur le revenu.
Questions fréquentes
- Où va l’argent prélevé sur mon salaire ?
- Chaque somme part vers un organisme identifié — Assurance maladie, caisses de retraite, France Travail, URSSAF, ou le budget de l’État pour l’impôt. Rien n’est prélevé « dans le vide » : chaque ligne de la fiche de paie a un destinataire précis.
- Pourquoi mon salaire net est-il plus bas que le brut ?
- Le brut est le salaire avant prélèvements. On en retire les cotisations, les contributions sociales (CSG, CRDS) et, depuis 2019, l’impôt sur le revenu prélevé à la source. Ce qui reste est le net que vous touchez. Cet écart n’est pas une perte : il finance des droits et des services.
- Les cotisations, est-ce de l’argent perdu ?
- Non. Une cotisation contributive vous ouvre un droit personnel : trimestres de retraite, indemnités chômage, remboursements maladie. Vous ne la « récupérez » pas comme une épargne, mais elle vous donne accès à ces protections le jour où vous en avez besoin.
- Quelle est la différence entre une cotisation et un impôt ?
- Une cotisation ouvre un droit en contrepartie (retraite, chômage). Une contribution comme la CSG finance la protection sociale de tous, sans contrepartie individuelle. L’impôt sur le revenu finance le budget général de l’État. Trois natures, trois logiques distinctes.
- Ma retraite de base, est-ce une épargne qui m’attend quelque part ?
- Non. Le régime de base fonctionne par répartition : vos cotisations paient les pensions des retraités d’aujourd’hui, et vos droits futurs seront financés par les actifs de demain. Ce n’est pas un compte personnel capitalisé à votre nom.
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